Impressions égyptiennes

Après la réunion de lancement à Paris en décembre 2012, Pensée et pratiques fait étape au Caire du 26 au 28 avril à l’occasion du Festival D-CAF Downtown Contemporary Arts Festival organisé par le Studio Emad Eddin.
Pendant ce séjour, Pensée et pratiques a eu différents échanges avec des collègues égyptiens, artistes, opérateurs culturels et acteurs de la société civile. Voici quelques « indicateurs » qui témoignent de l’effet des révolutions sur la société égyptienne.

Place Tahrir Avril 2013

Place Tahrir Avril 2013

La religion.
Musulmans de naissance, les Égyptiens semblent remettre en question ce que signifie le fait d’être croyant, ce que cela implique. Fait tout à fait nouveau, dans les médias sociaux, quelques-uns osent même afficher leur non croyance. On s’interroge sur les différentes manières de pratiquer sa religion, et certains commencent à considérer la pratique religieuse comme relevant de la sphère privée et non pas publique.

Le corps.
Le corps de la femme commence à être objet de débat. Dans une société où depuis ces dernières années le port du voile est de plus en plus répandu dans l’espace public, émerge notamment chez les jeunes femmes l’idée que la femme a le droit de disposer de son corps comme elle l’entend. Comme dans d’autres pays arabes, on a assisté à quelques exemples de femmes qui se « dévoilent », qui se servent de leurs corps pour manifester ou qui se photographient nues.

Les mots.
La musique et la poésie sont en Égypte parmi les arts les plus populaires, les mots ont donc leur importance. Certains jeunes groupes de musiques sont très engagés politiquement. On note récemment quelques controverses nées autour du langage considéré comme « vulgaire », plein de « gros mots », des chansons de certains groupes révolutionnaires.

La fracture territoriale.
Les révolutions arabes ont ramené au premier plan la fracture au sein de chaque pays, entre zones urbaines et régions rurales marginalisées ; entre centres villes et périphéries défavorisées. Cette cassure se reflète aussi dans le domaine artistique et culturel. L’accès à la culture devient alors une vraie priorité sociale.

La question générationnelle.
Ces dernières années ont vu naître de nombreuses nouvelles structures et associations ; elles sont souvent dirigées par de jeunes d’une vingtaine d’années. La génération des « 40 ans » semble dépassée par la situation et « outdated ». Alors que les très jeunes montrent une plus grande capacité à faire face aux difficultés et à s’adapter à l’instabilité de la situation.

Tous ces nouveaux débats sont essentiels : leur issue est incertaine mais il est important que ce processus de remise en question se poursuive le plus longtemps possible.

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